Sondage: les défis de la coparentalité au Québec

Sondage: les défis de la coparentalité au Québec
Sondage: les défis de la coparentalité au Québec
Comment les parents font équipe au Québec? Un sondage dresse le portrait.

15 juin 2026 | Les parents québécois trouvent important de former une équipe pour le bien-être de leur enfant, même si cela comporte des difficultés. C’est ce que révèle un sondage sur la coparentalité publié dans le cadre de la Semaine québécoise de la paternité qui se déroule jusqu’au 21 juin.

La coparentalité désigne la façon dont deux personnes éduquent et prennent soin ensemble d’un enfant.

C’est le Regroupement pour la valorisation de la paternité qui a commandé ce sondage pour lancer cette semaine dont le thème est : Faire équipe pour que toute la famille y gagne.

Cette enquête vise à présenter la coparentalité vue et vécue par les parents de même qu’à voir comment l’améliorer dans les services aux familles. Voici les principaux résultats du sondage.

Une vision positive de la coparentalité

Les bienfaits de la coparentalité sont reconnus par les parents qui ont répondu au sondage. La presque totalité d’entre eux trouvent en effet important de faire équipe pour s’occuper de leurs enfants et favoriser leur développement. De plus :

  • 83 % disent faire confiance à l’autre parent pour l’éducation de leurs enfants.
Le sondage a été réalisé en ligne par la firme SOM du 29 janvier au 12 février 2026 auprès de 2 817 parents.
  • 80 % des parents sondés mentionnent qu’ils se consultent pour les décisions importantes qui concernent leurs enfants et qu’ils trouvent des solutions lorsque des désaccords ou des disputes à leur sujet surviennent.
  • 79 % d’entre eux affirment se sentir respectés par l’autre parent et à l’aise de lui exprimer son opinion.
  • 83 % des parents estiment qu’il est facile d’avoir une vision commune et de bien communiquer à propos leurs enfants.
  • 68 % disent que leur coparent leur offre de l’aide lorsqu’ils sont débordés par les tâches.

Les mères disent se sentir un peu moins écoutées que les pères. De plus, les parents séparés qui partagent les responsabilités coparentales avec leur partenaire actuel se sentent davantage soutenus que ceux qui les partagent avec le parent biologique ou adoptif de l’enfant. Sans surprise, les parents qui ont connu une séparation conflictuelle se sentent moins respectés et consultés par l’autre parent.

La situation familiale des parents interrogés

La majorité des répondants (72 %) vivent dans une famille nucléaire, alors que 27 % forment une famille recomposée ou monoparentale. Environ les trois quarts des parents séparés interrogés partagent leurs responsabilités parentales avec l’autre parent, alors que 25 % partagent ces responsabilités avec leur partenaire qui n’est pas le parent des enfants.

Les défis du travail d’équipe des parents

La plupart des parents sondés (68 %) qualifient leur entente avec l’autre parent de facile. Seulement 5 % des répondants la définissent comme difficile. Parmi ceux qui vivent dans une famille recomposée ou une famille monoparentale, 73 % disent que la collaboration avec l’autre parent a représenté un défi au moment de la séparation.

Plus de 70 % des répondants jugent qu’il est facile de partager les tâches domestiques et 80 % estiment que le partage des responsabilités liées aux soins et à l’éducation des enfants se fait aisément. Pour ces deux aspects, les mères sont proportionnellement un peu moins nombreuses à dire que c’est facile.

La charge mentale pose plus de défis. Seulement un parent interrogé sur trois estime qu’elle est partagée de manière à peu près égale. Le sondage montre aussi une importante différence de perception selon le genre : 45 % des hommes pensent que le partage de la charge mentale est égal contre 19 % des femmes.

De plus, seuls 35 % des hommes estiment que l’autre parent gère plus de charge mentale, alors que 77 % des femmes affirment que cette charge leur revient.

D’autre part, environ 30 % des parents interrogés trouvent plutôt difficile de concilier le travail et la famille et 5 % trouvent cela très difficile. D’ailleurs, 54 % des répondants avouent que leurs responsabilités parentales représentent une source de stress.

Services et mesures pour valoriser la coparentalité

Un papa ventre à ventre avec son bébé pour jouer

Selon l’enquête, 76 % des parents sondés ont l’impression que la société québécoise doute plus souvent des compétences des pères que de celles des mères.

En ce qui concerne les services aux familles :

  • Près de 80 % des répondants estiment que les besoins des deux parents sont considérés par les milieux de garde et les écoles.
  • 76 % des parents sondés trouvent que les congés parentaux du gouvernement prennent en considération leurs besoins respectifs.
  • Plus de 30% pensent que rencontres prénatales, les suivis de grossesse et les services prénataux pourraient améliorer la prise en compte des besoins des deux parents.
  • 66 % des parents qui ont vécu une séparation pensent que les services de médiation considèrent les besoins des deux parents. Cette proportion baisse à 55 % pour les tribunaux qui traitent une séparation.

Le sondage a aussi présenté aux parents une série de mesures qui pourraient améliorer leur capacité à faire équipe pour s’occuper de leurs enfants. Parmi les propositions les plus aidantes, les parents ont retenu une meilleure communication du personnel des garderies et des écoles avec les deux parents, un congé de paternité plus long, un congé pour le père lors d’un deuil périnatal et plus d’heures de médiation familiale gratuite lors d’une séparation.

Source : Regroupement pour la valorisation de la paternité

Julie Leduc – Équipe Naître et grandir

Naître et grandir

Photos : GettyImages/Anchiy, SolStock et StefaNikolic

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