TDAH : trouver des stratégies d’intervention avec d'autres parents

TDAH : trouver des stratégies d’intervention avec d'autres parents
TDAH : trouver des stratégies d’intervention avec d'autres parents
Un programme d’intervention parentale permet d’améliorer la relation avec son enfant et de réduire les comportements difficiles.

1er septembre 2026 | Les comportements d’un enfant ayant un TDAH ou un trouble de l’opposition créent souvent des tensions au sein d’une famille. Ce n’est pas toujours facile pour les parents d’intervenir de la bonne façon. Un programme créé pour les soutenir et offert dans certaines régions donne des résultats encourageants.

Laurence a suivi le programme d’intervention parentale ÉQUIPE l’an dernier avec son conjoint alors que leur garçon qui a un TDAH avait 8 ans. « Il présentait beaucoup d’opposition et faisait beaucoup de crises de colère, raconte la maman. C’était devenu difficile à la maison. »

Comme elle, certains participants ont des enfants avec un diagnostic de TDAH, mais d’autres non. « Le diagnostic n’est pas nécessaire, précise Marie-Josée Barbeau, agente de relation humaine pour les Services jeunesse de Santé Québec Montérégie-Ouest et animatrice du programme. Les rencontres sont ouvertes aux parents d’enfants qui présentent des comportements perturbateurs comme de l’opposition, des refus de collaboration et de la désorganisation. Les parents viennent y développer des stratégies pour améliorer la dynamique à la maison, tempérer les réactions de leur enfant et diminuer le stress familial. »

Qu’est-ce que le programme ÉQUIPE?

Le programme ÉQUIPE est dirigé par une pédopsychiatre du CHU Sainte-Justine. Il vise à aider les parents d’enfants de 3 à 12 ans qui ont de la difficulté par exemple à suivre les consignes, à se contrôler ou à adopter des comportements adéquats. « Cela prend la forme de rencontres de groupe qui réunissent environ 25 parents, explique Marie-Josée Barbeau. Les rencontres durent 2 heures et s’échelonnent sur 9 semaines. »

Le programme ÉQUIPE est une adaptation en français du programme ontarien COPE (Community Parent Education). ÉQUIPE signifie : étude québécoise d’intervention pour les parents d’enfants avec des problèmes de comportement.

À chaque rencontre, l’animatrice présente au groupe des vidéos d’interactions parent-enfant qui ne se passent pas bien. « Les parents analysent ce qui n’a pas bien fonctionné et réfléchissent ensemble à ce que le parent aurait pu faire pour que ça se passe bien, explique-t-elle. C’est eux qui trouvent des solutions à pratiquer et à appliquer ensuite à la maison. » L’animatrice n’est pas là pour leur donner une recette d’intervention. Elle agit plutôt comme facilitatrice pour orienter au besoin les parents vers des approches positives.

Au fil des rencontres, le but est que les parents rebâtissent une relation positive avec leur enfant. Le programme vise à changer la dynamique d’interventions rigides et punitives qui renforcent les comportements dérangeants.

« Ça passe par la base, dit Karine Plante-Boulay, cheffe de service en Santé mentale jeunesse pour Santé Québec Montérégie-Ouest. C’est-à-dire féliciter son enfant, souligner ses bons coups et ignorer les comportements qui peuvent l’être pour améliorer le lien d’attachement et la relation. » Elle rappelle aux parents que leur enfant va toujours chercher à être en relation avec eux, que les interactions soient positives ou négatives. « C’est aux parents de changer vers une approche plus positive pour améliorer le comportement de leur enfant », mentionne-t-elle.

Des résultats encourageants

« Grâce au programme, j’ai pris conscience de l’importance de ne pas toujours être dans une relation autoritaire avec mon garçon, confie Laurence. Oui, je mets un cadre à la maison, mais je peux le faire en maintenant la qualité de notre lien. » Pour nourrir cette relation, elle mentionne accorder plus de temps, d’attention et d’écoute à son fils en plus d’être psychologiquement plus disponible lorsqu’elle est avec lui. « Si je suis stressée et irritable, je vais aussi le verbaliser à mon garçon, ajoute-t-elle. Par exemple, je peux lui dire que j’ai eu une grosse journée et que j’aurais vraiment besoin qu’il collabore. »

Ces changements ont amélioré la collaboration de son garçon, les relations familiales et leur qualité de leur vie. « À la fin des 9 semaines, les parents rapportent en effet qu’il y a plus de douceur et de moments positifs à la maison, indique Marie-Josée Barbeau. La collaboration avec l’enfant est meilleure et leur relation est apaisée ce qui permet aux parents de sortir de leur spirale d’interventions négatives. »

Selon Karine Plante-Boulay la force du groupe explique notamment les résultats du programme. « Les parents participants nous disent souvent qu’ils se sont sentis compris et qu’échanger avec des parents qui vivent des situations semblables les a aidés à se sentir plus compétents », souligne-t-elle.

Ce sentiment de compétence parentale les aide à gérer les situations difficiles. « Par exemple, les parents se sentent moins démunis pour gérer les crises de leur enfant et ils n’ont plus l’impression que cela se produit parce qu’ils sont de mauvais parents », illustre Karine Plante-Boulay. Tout ça augmente le sentiment de sécurité chez l’enfant et aide à réduire les comportements difficiles. « Mon garçon vit encore de l’opposition, témoigne Laurence. Mais si une situation se produit, il y a moins d’escalade, on arrive mieux à faire baisser la tension. »

Un atout pour la coparentalité

Le programme encourage aussi le soutien au sein de l’équipe parentale. « On amène les parents à être dans la réflexion et pas juste dans l’action-réaction », indique Karine Plante-Boulay. Ils apprennent à réfléchir ensemble sur leurs interventions, à prendre du recul pour voir comment les améliorer et à résoudre ainsi des problèmes vécus à la maison.

La cheffe de service en Santé mentale jeunesse mentionne que son équipe interpelle directement les pères pour les inviter à participer au programme et que l’approche concrète les rejoint bien. « Quand un papa raconte qu’une stratégie a bien fonctionné chez lui, ça résonne pour les autres pères du groupe, note Marie-Josée Barbeau. Plus que si une intervenante ou sa conjointe lui en avait parlé. On essaie donc d’avoir les deux parents dans les rencontres. »

Comment avoir accès au programme ÉQUIPE?

Le programme ÉQUIPE est offert dans certains Services jeunesse de Santé Québec. Si vous avez besoin d’aide psychosociale pour votre enfant, vous devez faire une demande en appelant votre CLSC ou le service Info Social (811, option 2). L’analyse de votre demande et de vos besoins va vous diriger vers les services appropriés, dont le programme ÉQUIPE s’il est offert dans votre région.

Julie Leduc – Équipe Naître et grandir

Naître et grandir

Photos : GettyImages/ridvan_celik et Jacob Wackerhausen

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